Eau bénite

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Un tableau: « La Pie » de Claude Monet, un livre: « La Vierge des Glaces » de H.C Andersen et un parfum: « La Religieuse » de Serge Lutens

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Par ces mots, Serge Lutens décrit son nouveau parfum « La Religieuse ». Elle porte une robe pourpre, couleur spirituelle qui dépeint aussi une certaine noirceur: au Moyen-Age elle était, tel le noir, associée à la tristesse et la pénitence. Un roi en deuil portait du violet.

On ne sait si Serge Lutens est un roi en deuil ou cette Religieuse, mais dans ce nouvel opus il en appelle au ciel. Crise de foi ? « Au nom du ciel ? Possible -la paille de mes genoux imprime encore celle des prie-Dieu. en vérité, je vous le dit, avant que j’ai pu en légitimer l’objet, ma bouche avait lâché « La Religieuse« . Oui, quand l’énigmatique parfumeur s’exprime sur ses créations, c’est en langage Sibyllin*. Comme dans un film de David Lynch ou en suivant un lapin blanc, ne cherchez pas à trouver le (double) sens, suivez le fil qu’il vous tend et laissez-vous balader. Par ses notes et ses mots, La Religieuse de Lutens évoque le vierge et le divin, le noir et blanc, le yin et yang, le ciel et l’air. Le froid et le brûlant. La foi et la chair bien sûr, puisque c’est sur celle-ci que vont s’épanouir un jasmin glacial et des notes animales dans un Haïku épuré et ambigu.

Vous croyez qu’il est question de religion ? Peut-être. Ou pas. De l’autre côté du miroir qu’il nous tend, on comprend qu’il évoque la neige**. Cette « religieuse en voile blanc » qu’il envoie valser « (…) j’englobais en un seul, un double sentiment: celui qui souhaitant la conserver blanche, la contemplait et celui pourtant même, s’impatientait de la fouler aux pieds, de sorte, j’envoyais la vierge faire le trottoir« . Sacrilège poétique finalement hypra rock’n roll qui sort au moment de l’année où l’on a toutes les chances de croiser quelques flocons.

*Spécialiste du parfum au Madame Figaro, Marion Louis a eu le privilège de le rencontrer pour une interview dont on se régale (ici) et il a ouvert les portes son sanctuaire secret au Maroc à Catherine Saint Jean pour le Figaro (ici)

**Libérééééé, délivrééééééééee… réflexe Pavlovien -ou syndrome de Stockholm- post Noël 2014. On a tous soupé de cette chanson. eh bien non, votre regard à fourché, il ne s’agit pas ici, de la reine des neige. Quoique.

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Les colognes fraiches et herboristes

A propos de religieuse(s)… Pour les besoins d’une enquête (dans le Madame Figaro),  je me suis amusée à recenser quelques unes des colognes made in couvents (les eaux fraîches du Couvent des Minimes, celles fabriquées à l’Abbaye Notre dame de la Fidélité…) et des senteurs d’église (L’eau Bénite Sancti des Liquides Imaginaires, la Messe de Minuit de Etro, les Esprits de Parfum Odeur de Sainteté -que j’ai découvert chez MERCI et dont j’ai perdu la trace…), Encens, myrrhe, vieilles pierres… des senteurs investies de sacré, voire de second degré. Ambiance rock’n goth décalé plus que grenouille de bénitier ? A suivre…

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Quelques eaux gothiques…

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Esprits de Parfum Odeur de Sainteté



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