MystHair à Twin Peaks

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Je pourrais disserter des heures sur ma série et mon cinéaste préférés. Alors comme tous les fans, j’ai glapit de joie quand David Lynch a annoncé le retour de Twin Peaks (en plus de la sortie du director’s cut en Blu Ray), 25 ans après la disparition tragique de Laura Palmer.

Je pourrais aussi disserter des heures sur l’esthétique Lynchienne de la plus mystérieuse des séries où l’atmosphère feutrée y est aussi inquiétante que chaleureuse. Les personnages aussi. Avec leurs névroses et leurs looks hors d’âge -comme sortis d’une dimension parallèle- qui font flirter le preppy des années 50 avec le grunge de Seattle, le style collège avec le style bûcheron. Hipsters avant l’heure.

twinpeaks3Un détail m’a toujours subjugué chez les habitants de Twin Peaks: leurs cheveux. 

Il y en a de toutes les couleurs, toutes les coupes, toutes les longueurs (on peut pas en dire autant des séries actuelles) Une diversité à l’image des « indivi-Dualités ». Dans ses films, Lynch (qui coiffe sa mèche argentée selon l’humeur) leur a toujours prêté beaucoup d’importance car ils révèlent -outre le caractère- l’intime et la psyché de ses personnages. On se souvient de la coupe hystéro du héros de Eraserhead, du yin/yang blond/brun totalement schizo des héroïnes de Mulholland Drive et Lost Highway (1). Sans oublier l’apparition quasi systématique de blondes peroxydées-perruquées, tantôt putes, anges ou fées.

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Coupe mulet, brushing neurasthénique, boucles folles, permanente incontrôlable…

A Twin Peaks, on peut (re)connaître les personnages rien qu’avec leurs cheveux. Les maniaquement gominés de Dale Cooper, le carré glam de Audrey Horme et Donna Hayward, le brushing trop lisse de Laura Palmer, la canitie fulgurante de son père, les tifs gras et gris de Bob… Ils sont archétypaux mais pas manichéens car ils surfent sur les yin/yang de chacun. Les blondes ne sont pas forcément fatales, les rousses par forcément dingues, les brunes pas si mauvaises. Tout comme les hiboux ne sont pas ce que l’on pense (les fans savent ce que ça veut dire…). On notera enfin que 80% des hommes sont bruns, et que ceux qui ont des cheveux gris, c’est à dire ni noirs, ni blancs mais « entre deux », sont justement coincés entre la White Lodge et la Black Lodge (les fans savent ce que ça veut dire bis)

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A Twin Peaks, on retrouve les codes coiffures du début des années 90 (l’époque du tournage), quand la permanente était à son apogée (même pour les hommes), et ceux des années 50 (si chères à David Lynch) avec des allusions capillaires à Marylin Monroe et Audrey Hepburn. Ajoutez une bonne dose d’hystérie et un grand renfort de laque et vous obtenez des coupes entre deux mondes. Entre le beau et le laid, le bien et le mal (fait),

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A quoi ressembleront ils 25 ans après ? On sait déjà que l’ondulé wavy remplacera la permanente, l’élastique le chouchou et que l’utilisation des nouvelles laques aérées permettront des brushings moins cartonnés. Les hommes seront ils devenus chauves ? Qui sera passé du côté (cheveux) gris ? Les serveuses du RR seront-elles toujours blondes ? Debrief en 2016.

En attendant, voici un kit Miss Twin Peaks: une laque ultrafine (Elnett); Un masque bleu pour corriger les blonds trop jaunes (Dessange Compétence Professionnelle), un shampoing anti frisottis pour retourner dans le droit chemin (Lush), ainsi que les accessoires indispensables du chignon de Laura Palmer (Claire’s et Hershersons).

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(1) En 2011, la Cinémathèque Française avait abordé le thème « Brunes & Blondes au cinéma et bien sûr décrypté les héroïnes fétiches de David Lynch. Si ça vous intéresse, suivez ce lien



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