Cheveux au Nirvana

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Pascal préparant son rituel de plantes Ayurvédiques… 

Dingue des plantes Ayurvédiques et de soins capillaires « hors catégorie », la ligne Dayna Paris-India m’avait plu dès son lancement (il y a 10 ans) parce qu’elle s’inspire de recettes qui ont 3000 ans. Ces concentrés de plantes jouent les « engrais » naturels sur les racines, traite les problèmes de pellicules et les déséquilibres du cuir chevelu, nourrit les longueurs avec. Les fioles en verre et bois tradi contiennent une huile brun foncé avec une odeur étrange ou un shampoing qui ne mousse pas mais lave les cheveux comme un tissu précieux… On sent le produit artisanal, ancestral et j’aime ça. En revanche, je n’avais jamais eu l’occasion de connaître son créateur, Pascal Tribouillier. Ce fût une belle rencontre avec un passionné du cheveu et un amoureux de l’Inde. Du coup l’interview a duré deux heures.

Pascal m’a donné rdv au salon de Donato à Paris, où il y exerce ses talents de coiffeur, soigneur et coloriste plusieurs jours par mois (pour voir les phases de son rituel de soin, c’est ici et ça donne envie !). Le reste du temps, il vit entre le sud de la France et l’Inde où il élabore ses formules avec des pharmaciens herboristes. Son parcours ? Pascal est un coiffeur autodidacte. Il a fait ses débuts en Italie (Au début des années 90, il travaille pour Gianni et Donatella Versace) puis s’est peu à peu passionné pour la coloration. De retour en France, il officie dans les salons flagships Jean Louis David et Dessange. Christophe Robin le présente à la coiffeuse Charlie dont il devient le coloriste attitré. Et puis il découvre l’Inde…

D’où vient cette passion pour l’Inde ? « C’est le célèbre brodeur Lesage qui m’a fait découvrir ce pays magnifique. Tout en me conseillant de m’intéresser aux cheveux des Indiennes et c’est ce que j’ai fait ». Pascal sillonne le pays, s’imprègne de la culture et observe. « Là bas, 95% des femmes possèdent la même longueur et texture de cheveux. Mais plus je voyageais dans les terres, plus je m’éloignais des villes et plus je trouvais que les femmes avaient des cheveux sublimes. Leur notion de la cosmétique est très différente de la nôtre. L’herboristerie Ayurvédique étant un point central de leur beauté. D’ailleurs, les Indiens ne comprennent pas l’emploi de substances nocives sur les cheveux (par exemple l’ammoniaque), qui peuvent posséder un risque sur la santé. Ils n’ont pas de pellicules, psoriasis et autres pathologies du cuir chevelu. C’est ainsi que j’ai décidé de créer une alternative pour soigner le cuir chevelu.

Gif Dayna

Indian Trip au Kérala & portrait de Pascal Tribouillier. (Photos: Gil Grillo) 

Quel est leur routine cheveux ? « Elles suivent un rituel bien précis : une fois par semaine, elles se brossent les cheveux entre elles, puis elles massent leur chevelure d’huile Ayurvédique (à base de sésame, coco, neem, amla, brahmi, tulsi, le «basilic sacré »). qu’elles massent longuement jusqu’aux pointes, avant de tresser et laisser poser. Au bout d’environ 3 heures, elles font un shampoing -Il me rappelle au passage que le mot shampoo veut dire « masser » en sanscrit- avec une poudre lavante composée de roses de Damas et de feuilles d’hibiscus. Enfin, elles sèchent leurs cheveux avec une sorte de grande passoire où chauffent des cailloux d’encens odorants ». Je trouve le rituel d’une sensualité extrême. Mais ce n’est pas tout, puisque Pascal ajoute « le soir, elles enroulent leurs cheveux dans des colliers de jasmin pour favoriser un bon sommeil ».

Le cheveu est traité tel une parure sacrée… « En Inde, on compare le cheveu à une plante et le cuir chevelu à un terreau fertile. Il est considéré comme vivant. Pour les castes les plus pauvres, les cheveux sont même une offrande aux Dieux. Les Indiennes n’hésitant pas à sacrifier leur somptueuse crinière… que l’on retrouve ensuite en Occident traités et décolorés pour devenir des rajouts. No comment… »

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Comment avez vous créé les soins Dayna ? « En Ayurvéda, on ne peut rien créer de nouveau car les recettes sont millénaires ! Les cheveux étant universels, ils ne possèdent pas de dosha. J’ai choisit des huiles plus légères, mieux adaptées aux cheveux occidentaux. J’élabore également les colos végétales destinées aux professionnels dont les pigments sont issus de plantes Ayurvédiques. Pour moi c’est ça le top du luxe.
En cela je suis un altermondialiste du luxe ! C’est faire comprendre que le cheveu, tout comme la nature et chaque être doit être traité avec respect
. Nos différents partenaires s’inscrivent dans une démarche éthique, un commerce d’équité, en instaurant un maximum de transparence dans chaque étape du processus. 

Comment sont ils fabriqués ? « Les plantes sont cueillies et récoltées au Kérala par une pharmacie.
Elles sont macérées pendant 2 mois pour obtenir huiles et décoctions
(toutes les recettes sont 100% naturelles).
Les produits sont ensuite acheminés, conditionnés et étiquettés en France, non loin de Grasse, puis distribués dans 120 points de vente dans le monde
 ». 

Ses projets ? « Je rêve d’un lieu en France où le cheveu pourrait être traité en plein air, rincé à l’eau de source et séché à l’encens comme en Inde ». Un rêve qui va se concrétiser dès cet été avec la mise en place d’un hair sanctuaire… Bien sûr j’irais le tester et je vous reparlerai, mais déjà rien qu’à l’idée je suis déjà au Nirvana.

 

photoDhanvantari (धन्वन्तरि), avatar de Vishnu, en Inde il est considéré comme le pionnier de la médecine Ayurvédique et de la chirurgie. Il est représenté avec 4 bras: un tient des herbes médicinales, un autre le nectar d’immortalité. Les deux autres, tiennent une conque et un Chakra. 



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